Minimalisme : Comment j’en suis arrivé à n’acheter que 3 leggings en 10 mois

Tout à commencé un jour sombre de décembre. Seule dans ma cuisine professionnel, déprimé principalement à cause du temps gris dehors, de l’épuisement, un corps douloureux et de la fatigue (j’étais vraiment pas bien quoi, dans le genre je refuse de manger une pizza tellement je suis triste – gravissime !). Je cherchais un peu de réconfort sur Netflix pour combler le silence et occuper mon cerveau tout noir. Après m’être tapé tout le catalogue de film d’horreur (j’avoue, j’avais déjà regardé toutes les comédie romantique 2x, et même 5 pour 40 ans mode d’emploi ). J’ai donc commencé à attaquer les documentaires. Les documentaires alimentaires passé, un titre revenait en permanence : minimalisme. 

En réalité, bien avant cette journée particulière, j’ai longuement réfléchis à ce qui pourrait améliorer ma vie, ou du moins, la rendre supportable ou lui donner un minimum de sens. A l’époque j’étais arrivé à la conclusion qu’accéder à la propriété pourrait alléger mon angoisse. Ça me permettrait d’être sur de pouvoir dormir, de ne pas avoir de bruits incessant qui m’empêche de me reposer, mais également d’être sur de pouvoir rester dans « mon chez moi » et ne plus avoir de loyer… Ce dernier point étant pas tout à fait véridique dans les temps actuelles : le loyer est remplacé par le remboursement du crédit. Un des moments les plus serein dans ma vie, à été l’époque où je vivais dans un minuscule studio qui me coutait quasiment rien. Je savais que je pouvais toujours payer mon loyer, le ménage était fait en 15 minutes et je ne pouvais pas accumuler énormément de chose sans nuire à mon confort. C’est là que mon obsession pour les mini maisons est née. C’est petit, c’est pratique, c’est paisible, un challenge d’ingéniosité, sans grand investissement, et cerise sur le gâteau, c’est même écologique et auto suffisant pour certains modèles – coup de coeur pour arc Shelter – (ayant ouverte un restaurant conscient,  la partie écologique et auto suffisant fait forcément partie de mon raisonnement).

C’est donc pour cela que ce documentaire ma tapé dans l’oeil. Pour vivre dans une mini maison, il faut pouvoir rentrer sa vie dedans. Et dans l’état actuel, c’était impossible. J’avais trop de choses, de bagages et de superficiel. J’avais bien sur déjà entendu parlé de minimalisme avant, et ma connaissance dessus était riche en a priori. Pour moi c’était synonyme de frustration. J’ai été, comme la grande majorité des personnes dans une société capitaliste, grand consommatrice de … à peu près tout ! Mode, mobilier, déco, vaisselle, même second hand, tant que je pouvais acheter. Par exemple, dès que je faisais quelque chose hors de ma zone de confort (entretient stressant, examen, prise de sang …) je m’offrais une séance de shopping. Mais du shopping de merde, juste pour avoir la sensation d’accumuler des choses pour me sentir en sécurité, soulagé, riche, heureuse ou bien tout simplement pour valider le stéréotype d’une femme : avoir 60 paires de chaussures vous rends forcément plus femme – logique non ? 

Sauf qu’à force d’essayer, on voit bien que ça ne vous rend pas heureux tout ces achats inutile, toute cette place occupée par des choses oppressante (et souvent associé à la culpabilité) qu’on n’utilise qu’une ou 2 fois avant qu’elle ne sombre dans recoin oublié de votre placard (avec votre première paires de talon que vous avez acheté au lycée, juste a coté de votre ancien sac à dos eastpack) .

C’est donc en regardant ce documentaire, que tout mes apriori sur le minimalisme ont littéralement explosé. On ne parle pas frustration, on ne parle pas d’obsession, on ne parle d’économie d’argent, on ne culpabilise pas sur le drame écologique de la surconsommation. On parle de déculpabilisation, de la vraie richesse qui ne se trouve pas dans l’argent ni ce qu’il peut acheter, et que la féminité n’est pas dans le nombre de vêtements qu’on possède. On propose des solutions, des astuces, on écoute des interviews des expériences. Le plus marquant pour moi, c’est l’interview d’un homme qui a réussis à me faire pleurer (alerte dacryphile – le concerné se reconnaitra) : il racontait qu’il travaillait pour grande société et se battait tous les jours pour avoir la fameuse promotion que tous le monde désirait. Sauf que le jour où il accède enfin a son rêve, il n’a pas pu retenir sa tristesse, incompréhensible.  Maintenant, pour lui c’était impossible de partir, il était coincé là, car il n’y avait aucun moyen pour lui de dire non à tant d’argent. Il a pris son courage à 2 mains et a quitté son poste pour faire ce qu’il aime dans la vie et s’est tourner vers un mode de vie minimaliste, ce qui l’a allégé de ce poids de « l’apparente richesse ». Je me suis reconnu à travers cette homme : j’ai toujours eu une angoisse terrible face au CDI : le fait d’être là pour toujours, même malheureux, juste parce qu’un CDI de nos jours «  ça ne se refuse pas ». Je m’y suis reconnu également, parce que c’est le sentiment que j’ai eu en ouvrant mon restaurant : oui c’est géniale et tout bla-bla-bla, mais maintenant je suis coincé là pour un certains temps. Depuis, j’ai rationalisé et donné une deadline à cette aventure et je le vis beaucoup mieux.

Ce documentaire à changé ma vie. Suite à ça, j’ai tout de suite trié tout mes vêtements. J’ai éliminé frénétiquement et sans pitié absolument toutes les pièces inutiles, inconfortable, inutilisable au travail, plus à ma taille, plus ma couleur, cadeau empoisonné, soutient gorge que je ne porterais plus jamais. Au départ, j’avais 2 armoires rien que pour mes vêtements, une catastrophe, pour au finale, arriver à 60 vêtements : 30 été 30 hiver ( depuis j’ai encore retrier mes vêtements ). Le matin, je prenais plus de 1h pour me trouver une tenue, me disant que j’avais pas assez de vêtement, alors qu’en réalité j’en avais trop ! Maintenant, je suis prête en 15 min. Ça m’a non seulement permis de gagner du temps, mais aussi d’être moins en retard. C’est mon plus grand désespoir, que d’être toujours en retard. J’aimerais tellement être ponctuelle, mais l’heure (le fonctionnement horaire) n’a jamais été mon fort. Petite déjà mes parents s’inquietaient pour moi, car je vivais totalement hors de la pression du temps. Le fait qu’on me dise que j’avais 10 minute pour finir un exercice ne m’atteignait absolument pas et je prenais vraiment tout mon temps pour faire mes devoirs / activités. Même si cette Linnea me manque parce que son système de m’enfoutisme est clairement enviable et me semble être une très bonne façon de vivre, dans notre société être en retard et pas à l’heure n’est pas concevable. Le fait d’arriver plus à l’heure m’a carrément amélioré mon estime de moi : j’arrive au moins à être presque à l’heure et j’en suis fière ! 

Une règle que je me suis imposée : 1 acheté = 1 éliminé. Vu que j’ai gardé uniquement mes vêtements favoris et que je les aimes tous autant, j’ai pu m’acheter uniquement 3 leggings et jeter 3 shorts (vêtements de travail favoris de tous les temps, en coton uniquement bien sur, parce que le viscose c’est dégeu). Le but ce n’est pas de se torturer, juste d’être honnête. En réalité nous ne mettons que entre 10 à 20% de nos vêtements (et moi ça devais être plutôt du 5% vu qu’au boulot le confort prime sur la tendance).

Au fur des mois, ce style de vie me correspond la perfection. Acheter ne me manque absolument pas. Les zones d’achats commencent même à me rebuter. Parfois je me surprends à remplir mon caddie, par habitude, puis je me rappel que c’est totalement inutile et je repose tout . 

La sur consommation est une des causes principale responsable de la crise écologique que nous traversons et fermer les yeux là dessus n’est pause solution. Sachant cela, ma motivation de continuer sur cette voie est encore plus forte. J’ai enfin l’impression de faire quelque chose de concret pour la planète, quelque chose de plus logique que le recyclage (qu’en est-il vraiment ? Où vont vos déchets ?) et acheter du second hand : vivre avec ce que j’ai et arrêter d’acheter ce que j’ai déjà.

Mon Lucas s’est pris au jeu presque immédiatement. C’est surtout lui qui s’occupe du ménage, et si ça peut lui simplifier la tâche il serait prêt à donner son premier né. On a donc trié TOUT l’appartement, mais après 8 mois, on a toujours pas finis, alors que nous n’avons que 28 ans chacun, pas de grenier ni d’enfant. Imaginez un peu 10 ans plus tard ! On a tout donné à emmaus : assiettes supplémentaire inutile, les 100 000 couverts qu’on n’utilise jamais, tout ces verres vin hyper fancy, les déco pleines de poussières et sans utilité, les serviettes de bain, les draps, les tapis, les boites vides, les bouteilles, les machines qu’on n’a jamais utilisé, les écrans etc. Le denier trie en date : les livres. Alors oui lire c’est important dans la vie, mais acheter un livre est une connerie. On ne relis que très rarement un livre, on gaspille du papier, on utilise de la place visuel, on accumule de la poussière, et c’est super chiant à déménagé. On a donné tout nos livres au restaurant, les personnes étaient content de pouvoir repartir avec un livre, et nous étions soulager de ne plus avoir ce poids chez nous. J’ai eu une Kindle à noël et j’en suis vraiment très satisfaite. C’est un super cadeau minimaliste !

Notre prochaine étape et pas la moindre : l’administratif ! Tout ces papiers qu’on garde parce qu’on a peur de les perdre (oui c’est illogique) mais qu’on n’utilise enfaite jamais ! On va trier, jeter et numériser ce qu’il faut. J’ai hâte, mais en même temps j’ai carrément pas envie de m’y mettre parce que j’ai bien caché ces papier dans un gros coffre et je ne les vois uniquement quand je déménage et espère secrètement à chaque fois que ce coffre disparaisse malencontreusement. 

En plus d’être soulagé en objets, j’ai perdu cette pression, ou plutôt dépression, de ne pas pouvoir m’offrir tel ou tel chose, cette frustration de ne pas pouvoir acheter toutes les bonnes affaires pendant les soldes (et en plus j’ai fais des économie et en tant que nouvelle entrepreneur, il n’y a pas de petite économie). Globalement, pour le moment, je travaille, pour payer mon loyer, manger, et payer certaines expériences (voyage, visites, cours et lectures) le reste ne m’inquiète plus. Une fois cette objectif atteint, je pourrais commencer à économiser pour avoir mon « not forever home » – bah oui, vous l’aurez compris, je n’aime pas les choses in(dé)finie 😉  .

Et vous, vous vous y mettez quand au minimalisme ? Sinon triez simplement vos affaires et profitez de la légèreté que cela procure !

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